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Congrès du 20 décembre 2008 : nouvelle entourloupe au bal des présidents !


A défaut de bilan de leur action, nos présidents annoncent de grandes réunions

Alfred Marie-Jeanne (AMJ), à 72 ans comme John Mac Cain, est pressé de présider la Martinique, il bouscule donc son monde et s’empare d’un sujet ne constituant en aucune façon la préoccupation des martiniquais : l’évolution statutaire. Il y aurait même une telle urgence qu’un congrès est planifié pour le 20 décembre 2008 !

 

AMJ entraîne dans son sillage Claude Lise, président du conseil général et son parti le RDM, brusquement partisans de l’article 74, par volonté bien comprise de s’opposer une nouvelle fois au PPM de son meilleur ennemi Serge Letchimy.

 

Curieusement quelques vérités sont apparues récemment dans la presse concernant la gestion de ces deux collectivités. Elles révèlent une consommation classique et goulue de fonds pour le Conseil Général associé à un endettement croissant de plus en plus inquiétant et une incapacité criante à venir en aide aux communes, avec consigne interne de masquer au maximum la situation financière réelle.

Au niveau du Conseil Régional, AMJ gère un petit budget familial avec remboursements anticipés de l’intégralité des prêts suite à l’accumulation d’une trésorerie colossale longtemps placée sur les marchés, comme un particulier le ferait chez l’écureuil.

Et à l’arrivée des fêtes (échéances électorales), distribution de bonbons aux enfants-électeurs comme l’indiquent les augmentations considérables de dépenses à ces périodes.

Quand l’indépendantiste devient l’organisateur en chef de la dépendance...

 

Au niveau développement, AMJ fête les 10 ans de son accession à la présidence avec un bilan en peau de chagrin et un SMDE à horizon 2025 qu’il s’empresse de ne pas appliquer sans doute épuisé par l’effort de sa production.

 

Incapables de gérer convenablement leurs collectivités, AMJ et CL mettent en cause la non-évolution institutionnelle et statutaire. Nous marchons sur la tête et le raisonnement devient : ’’Donnez nous le statut, nous serons capables de développer après’’.

Est-ce bien sérieux et acceptable par les Martiniquais ?

Pourquoi tant de précipitation ?

 

Un congrès en trompe l’oeil

Concernant les articles 73 et 74 de la Constitution, on peut dire que la convocation du congrès est tout simplement non opportune pour les raisons suivantes :

l nous sommes de fait en situation de statu quo depuis le mois de mars 2003 avec un article 73 qui nous aurait permis de tester l’autonomie fonctionnelle, chose que nos présidents se sont bien gardés de faire, de façon très surprenante

l sans avoir expérimenté l’article 73, avec ses possibilités si puissantes que la Réunion a obtenu expressément d’en être exclue, nous souhaitons passer à l’article 74, article des COM ’’Collectivités d’Outre-Mer’’.

l quelques détails, notoires, concernant les COM qui ne semblent pas beaucoup préoccuper nos deux présidents :

l les COM ne font pas partie de l’Union Européenne

l les COM disposent d’un système de protection sociale distinct de celui de la France.

 

Qui donc a mandaté Messieurs Marie-Jeanne et Lise pour sortir la Martinique de l’Union Européenne et par voie de conséquence stopper net ses nombreuses subventions  ou remettre en cause notre actuel système de protection sociale ?

 

Il faut se rappeler que lors du référendum du 7 décembre 2003, un statut particulier, décidément, celui de CTOM « Collectivité Territoriale d’Outre-Mer » a été mis en place spécifiquement pour les COM qui se doteraient d’une assemblée territoriale unique.

Ce statut de CTOM à assemblée unique a été vigoureusement rejeté dans les quatre DOM actuels (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion) sauf à Saint Martin  et Saint Barthélémy, dépendances de la Guadeloupe qui se sont prononcées par référendum en 2003 pour devenir en 2007 des COM séparées.

 

Qui donc a mandaté messieurs Marie-Jeanne et Lise pour remettre sur la table un débat, dangereux, déjà tranché et écarté par les Martiniquais ?

 

Seul l’âge et la volonté, à tout prix, de présider une assemblée ou une collectivité unique explique aujourd’hui l’initiative du président de Région.

 

Démocratie, représentation et responsabilités : un trio indissociable

Se pose également pour la Martinique un grave problème de démocratie et de mode de scrutin auquel il convient d’apporter réponse.

 

Il y a en effet sur-représentation aujourd’hui des indépendantistes sur l’échiquier politique martiniquais.

 

Les Martiniquais sont représentés au quotidien par des élus régionaux...qui ne les représentent pas, le courant de pensée majoritaire respectant l’attachement à l’ensemble français, rassemblant au passage droite et gauche non sécessionniste.

 

Il devient donc important pour la crédibilité de la Martinique et des Martiniquais, déjà sérieusement atteinte, de dénoncer la manœuvre du 20 décembre 2008 tout en sollicitant une réforme vigoureuse du mode de scrutin destinée à remettre les indépendantistes et autres sécessionnistes à leur juste place sur la scène politique martiniquaise.

 

Par Frédéric VALERE, secrétaire généralde l’association A.P.U.I.


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